Apprentissage et concentration

Un dossier paru dans Le Monde de l’Education de janvier 2007 traite de l’apprentissage et de la concentration.

Parlons tout d’abord de la nécessité de la concentration dans l’apprentissage.

Certaines méthodes d’apprentissage vantent la possibilité d’apprendre sans difficultés, sans s’impliquer… sans efforts… Mais peut-on parler d’apprentissage dans ces conditions ?

L’inspecteur général de langues vivantes François Monanteuil explique en particulier que dans l’apprentissage des langues vivantes, l’imitation seule ne suffit pas. Pour pouvoir s’exprimer dans une langue, il faut s’en être imprégné, il faut être entré dans sa structure… et pour cela, il faut à un moment avoir fait des efforts de vigilance et de mémorisation.

Des chercheurs en cognition expliquent que pour apprendre, un élève doit démonter la vision qu’il a du monde, ce qu’il a construit avec un niveau de connaissances… pour le construire de nouveau avec des connaissances supplémentaires… soit des briques et des étages supplémentaires.

Et pour cela, il faut se concentrer. Le psychologue Didier Pleux, spécialiste des thérapies cognitivo-comportementales, explique : “il faut être conscient qu’apprendre ne procure pas un plaisir immédiat. L’apprentissage passe par une phase de véritable déplaisir, suivie d’une accommodation”.

L’apprentissage se ferait donc par une attention volontaire, dont la capacité croît au cours de l’enfance, jusqu’à atteindre son maximum aux alentours de 15 ans. Les apprentissages scolaires permettent de le développer… ou autrement dit ” C’est en apprenant qu’on apprend à apprendre”.

Pour en savoir plus : ” Peut mieux faire”, de Didier Pleux, aux Editions Odile Jacob (En analysant d’abord d’où vient la démotivation, l’auteur, directeur de l’Institut français de thérapie cognitive, veut aider les parents à redonner confiance à leurs enfants, pour que l’école redevienne un plaisir).

“Attention et réussite scolaire”, de Christophe Boujon, Christophe Quaireau et Alain Lieury, aux éditions Dunod (À l’école, certains enfants sont-ils distraits et agités à cause d’un manque de motivation ou d’un déficit de leur attention ? Ou bien encore est-ce le résultat d’une mauvaise adéquation entre les rythmes biologiques et les rythmes scolaires ? Cet ouvrage tente de répondre à ces questions pédagogiques fondamentales en présentant de façon claire et synthétique les études les plus marquantes sur l’attention, réalisées en psychologie cognitive et en psychologie expérimentale.)

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