Mon ado somnole, est-ce normal ?
Rassurez-vous, c’est normal…mais il convient de rester légèrement vigilant..
C’est un peu le vécu de tous les parents d’adolescents…impossible de les tirer du lit le matin…impossible de les y envoyer le soir.
L’emploi du temps de la semaine ne permet pas au jeune de dormir…et du coup, il se trouve souvent en privation de sommeil et par là-même en état de somnolence dans la journée.
De plus, des attitudes conduisant à une mauvaise hygiène du sommeil (boissons excitantes en fin de journée, tabac, ordinateurs et jeux vidéos en soirée) ajoutent encore aux difficultés de récupération.
Même si ce tableau est classique, il faut néanmoins rester vigilant.
Ces troubles du sommeil peuvent être le signe d’un dysfonctionnement transitoire lié à cette période de mutation. Des études scientifiques ont prouvé que cette altération du cycle veille-sommeil est due à une stimulation accrue des hormones de croissance. Ces hormones de croissance se libèrent pendant le «sommeil paradoxal», ou «période de rêve», qui survient à la fin de chaque cycle de sommeil. Tout les stimuli reçus par l’adolescent durant la journée, que ce soit à l’école ou entre amis, se fixent dans le cerveau durant ces phases de sommeil paradoxal. S’il est réveillé à ce moment-là, son rendement sera moindre le lendemain.
D’après les experts, les adolescents auraient besoin d’environ neuf heures et demie de sommeil par nuit, mais leur emploi du temps leur en laisse rarement l’occasion. Il faut donc les laisser dormir le week-end, tout en restant vigilant nuit par nuit, car c’est ainsi qu’ils auront un meilleur apprentissage.
Mais ces troubles du sommeil peuvent aussi être le signal d’une pathologie durable qui s’installe, comme une dépression.
Les pathologies du sommeil de l’adolescent sont principalement l’insomnie, le syndrome de retard de phase, les hypersomnies et le syndrome de Klein Levin.
L’insomnie
La mauvaise hygiène de vie est une des raisons, mais l’anxiété et la dépression en sont d’autres à prendre plus au sérieux. Même s’il est «normal» de ne pas avoir envie de dormir à la veille d’un examen, l’installation de cette insomnie de façon chronique est plus embêtante. L’insomnie qui réveille en seconde partie de la nuit est évocatrice d’une dépression.
Ces troubles du sommeil, non mineurs, doivent donc mener à une prise en charge comportementale.
Le syndrome de retard de phase
C’est le «décalage horaire» de l’adolescent, qui veut vivre le soir, voire la nuit. Le fait de ne pas aller se coucher est une façon de s’opposer à ses parents. Avec des situations plus difficiles, la dépression peut apparaître. Le traitement approprié est la «chronothérapie», où l’on va aider l’adolescent à se recaler.
Les hypersomnies
Il s’agit de pathologies plus lourdes, comme la narcoleptie.
Le syndrome de Klein Levin
C’est une pathologie rare qui touche pratiquement exclusivement les garçons, évoluant vers la guérison à la fin de l’adolescence.